Jean Offenberg, héros de la RAF, mentor de Raymond Lallemant,  qui a donné son nom à la base de Florennes.

Alexis Jottard et Jean Offenberg à Wevelgem.

Jean Offenberg est né à Laeken le 03 juillet 1916. Engagé à l’Aéronautique Militaire, il est breveté le 25 mars 1939 et affecté à la 4e Escadrille de Chasse de Nivelles. Son premier acte de guerre est dirigé contre des appareils de la RAF. Dans la nuit du 8 au 9 septembre 1939, des bombardiers Whitley de la RAF de retour d’Allemagne survolent le territoire de la Belgique neutre. Les chasseurs de Nivelles décollent et des tirs sont échangés. Alexis Jottard et Jean Offenberg repèrent rapidement un bombardier qu’ils forcent à atterrir à Nivelles. Aux premières heures du 10 mai, le IIème Groupe évacue l’aérodrome de Nivelles pour rejoindre Brustem. A 06h05, cinq Fiat CR.42 décollent de Brustem et attaquent des Do 17 et des Me 109. Il revendique un Dornier détruit aux environs de Waremme. Il tire sur un autre qui s’échappe en piquant. Mais son groupe doit bientôt se retirer en France. A l´approche de la capitulation, il essaie, avec Jottard et quelques collègues, de gagner l´Angleterre mais le projet est découvert et le 19 juin, ils rejoignent leur Régiment à Montpellier à bord de trois Caudron Simoun français. Désirant continuer la lutte, il décolle le lendemain pour Ajaccio en compagnie de Jottard en utilisant les avions amenés la veille. Puis c’est Oujda, Casablanca et Gibraltar où ils embarquent à bord d’un cargo anglais. Arrivé à Liverpool le 16 juillet, il s´engage à la RAF. Nommé Pilot Officer le 30 juillet, il commence son entraînement sur Hurricane. Après une semaine, il rejoint le 145 Squadron. Ses amis l’affublent du surnom de « Peike », mot bruxellois anglicisé en Pyker.


Le dimanche 27 octobre, il s´adjuge un Bf 109 probable. Le 1er novembre, il obtient sa première victoire confirmée au sein de la RAF en abattant un Bf 109. Cinq jours plus tard, un autre Bf 109 est victime de ses mitrailleuses. Le 9 novembre, Offenberg et un ailier interceptent un Ju 88 et réclament un appareil endommagé. Le 5 janvier 1941, on annonce à l’escadrille l’arrivée des Spitfire à la plus grande joie de tous et le 10, il  fait son premier vol sur Spitfire. Son plus bel exploit se déroule le 5 mai 1941Désigné pour un vol local, il décide d´effectuer une reconnaissance au-dessus de la France. Il aperçoit deux hydravions Heinkel qu’il attaque. L’un d’eux se retourne et tombe à l´eau. A ce moment, il voit arriver deux Me 109. Il envoie une rafale au premier, évite la collision de peu et abat un des assaillants. Le lendemain, le Group Captain le sermonne pour son indiscipline …et le félicite pour sa victoire.


609 Sqn. Débriefing au retour du vol :

de Spirlet, Ziegler, Wilmet, Dieu, Offenberg, Malengreau.

609 Sqn.Offenberg, de Spirlet, de Selys Longchamps, Ortmans, Lallemant, Van Arenberg.

Le 17 juin, il est muté au 609 Squadron de Biggin Hill. Le 18 juin, ses états de service lui valent la Distinguished Flying Cross, décoration décernée pour la première fois à un pilote belge. Le 22 juin, au cours d’une escorte de Blenheim,  neuf Spitfire V du 609 font face à dix-huit Bf 109. Offenberg obtient une victoire probable. Le 26 juin, les belges du 609 Sqn escortent des Blenheim et se font engager par un nombre supérieur de Me 109. Il échappe à une attaque en se mettant en vrille. Son moteur le lâche ainsi que sa radio mais il parvient à atterrir à Hawkings. Le combat dont il est le plus fier se déroule le 7 juillet. Le 609 Sqn escorte quatre bombardiers Stirling lorsqu’il repère un convoi survolé par quelques Bf 109 mais c’est un leurre car d’autres Me les attaquent. Il se lance dans un piqué vertical et redresse au dernier moment. Au cours de sa ressource, il observe une gerbe d’eau au milieu des navires : l’allemand n’a pas pu redresser et sa victoire est confirmée. Il n’a pas  dû ouvrir le feu. Le 19 juillet, il escorte des bombardiers et déclare un Bf 109 probablement détruit. Le 21 juillet, le CO et tous les Belges de l’escadrille se rendent à Londres où Monsieur Gutt, Ministre belge de la Défense, décore de la Croix de Guerre belge plusieurs aviateurs dont Jean Offenberg. Les combats se suivent presque sans discontinuité, brièvement suspendus par des périodes de mauvais temps ou par de brefs congés. Le 19 août, pour la première fois et même si c’est par interim, un belge, Offenberg, prend la tête d’un squadron britannique. Le 27 août, il escorte quatre bombardiers attaquant St Omer, mission au cours de laquelle il déclare une victoire probable. Il en est de même le 29 lors de l’escorte de bombardiers Blenheim en raid sur Hazebrouck. A la mi-1941, un nouveau pilote belge rejoint le squadron : Raymond Lallemand dont il va devenir le mentor. Le 27 septembre, quatorze escadrilles de chasse participent à l’escorte de Blenheim attaquant la centrale de Bully-les-Minnes. Offenberg déclare un Bf 109 endommagé. La cérémonie officielle de remise de la DFC à Pyker a lieu le 6 octobre. Le 13 octobre, trois escadrilles de Biggin Hill ont rendez-vous avec des Blenheim qui volent vers Calais. De multiples engagements avec des Bf 109 ont lieu au cours desquels il obtient un endommagé. 


Le 19 novembre, le 609 Sqn est envoyé au repos à Digby. L’AOC du 12ème Groupe en visite lui annonce qu’il va être muté dans une unité d’entraînement car il a beaucoup volé mais il refuse. Les mauvaises conditions météorologiques qui prévalent en ce début de 1942 entravent fortement les vols. Le 21, il fait un peu meilleur et Jean s’envole. F. Ziegler raconte :« Alors que le 609 n’avait perdu aucun pilote en opération, à Digby en janvier, il souffrit d’une très grave perte par accident. Le Flight Lieutenant Jean Offenberg entraînait un nouveau pilote belge lorsqu’un pilote d’une autre escadrille, effectuant à une attaque simulée, coupa net l’empennage du Spitfire de Pyker précipitant les deux avions au sol et tuant les pilotes. Ce fut un des pires chocs que le 609 endura jamais. Pyker était un superbe pilote et un leader de très grande envergure, il était aimé tant par les Belges que par les Britanniques pour son extrême modestie, son humour délicat et son estime pour ses pairs. Au début, il neigeait abondamment mais lorsque le cercueil drapé du drapeau avec le képi et les décorations passa les grilles du cimetière de Scopwick, entre la garde d’honneur de ses camarades belges et britanniques, le soleil apparut faisant chatoyer la neige fraîche. Un peu à part se tenait une dame en noir un lys blanc à la main. Les prières dites, les clairons sonnèrent le Last Post et la salve d’honneur retentit. Chaque officier et sous-officier salua la tombe et quitta, laissant un Belge courageux à son dernier repos, loin de chez lui, dans un coin de la campagne anglaise.» Il avait à son actif 7 avions détruits, 5 probables et 6 endommagés.


Le 20 août 1956, lors des fastes du 2ème Wing de Chasseurs-bombardiers,

la base de Florennes prenait officiellement le nom de « Base Jean Offenberg ».