Le musée, également connu sous le nom de Mémorial Spitfire,

est dédié à la mémoire du  

Colonel Aviateur Raymond Lallemant DFC and bar

héros de la RAF

fondateur et premier commandant du 2ème Wing de Florennes

Raymond Lallemant est né à Blicquy le 23 août 1919. Après être passé par le 3ème Régiment de Chasseurs à pied, il est admis dans le cadre du personnel navigant élève en septembre 1939. Lors de l’invasion de la Belgique, il entame avec son unité un long périple qui le mène à Oujda d’où il déserte avec quelques camarades pour rejoindre la Grande-Bretagne et c’est à Liverpool qu’il arrive le 16 juillet 1940.

 

 

 

 

En route vers le Royaume-Uni à bord du Har Zion. De g à d : André Lemaire, Christian Ortmans, Henri Picard, Alexis Jottard, Georges Deltour, Henri Limet et André Lambotte. Devant, Raymond Lallemant portant un képi polonais.

Après avoir terminé son entraînement, il arrive en juillet 1941 au 609 Squadron basé de Biggin Hill auquel il est affecté comme sergent pilote. Il remporte plusieurs victoires aériennes: un FW190 le 19 décembre 1942, un le 23 janvier 1943 et deux certains et un probable le 14 février 1943. En mars 1943, il est décoré de la Distinguished Flying Cross. De juin 1943 à janvier 1944, il est muté en qualité de pilote d’essais à l’usine Nappier de Lutton qui fabrique les moteurs des Typhoon. Il passe ensuite au 197 Squadron pendant la période préparatoire au débarquement puis au 198 Squadron avec lequel il participe aux opérations du débarquement.

 

 

 

Visite du Ministre Gutt au 609 Sqn stationné à Duxford. De g à d : Mony Van Lierde, Raymond Dopere, Roger Malengrau, André Blanco, Christian Ortmans, Monsieur Gutt, François de Spirlet et Raymond Lallemant.

Le 14 août 1944, le Flight Lieutenant Lallemant retrouve, pour le commander, son cher 609 Squadron doté de Hawker Typhoon qui a reçu la délicate et dangereuse mission de l'attaque et de la destruction des chars et de l'artillerie anti-aérienne allemande. Le 14 septembre, il est touché à Arnhem lors de l’opération Market-Garden. Il regagne l’aérodrome de Merville en France et pose sur le ventre son Typhoon en feu. Il est grièvement brûlé. Les plaies causées par de profondes brûlures le feront souffrir toute sa vie. Son mérite est reconnu par l’attribution d’une seconde DFC le 18 janvier 1945. Après de longs mois d'hospitalisation, il prend le 1 mars 1945, le commandement d’une des deux escadrilles belges de la RAF : le 349 Squadron. Il termine la guerre avec à son actif, entre autres, six avions ennemis abattus confirmés plus d’autres probables ou détruits au sol ainsi que de nombreux véhicules dont trente-quatre tanks.

 

La fin de la guerre venue, il porte un regard lucide sur ce que sera le futur.

"Le commencement de la paix fut aussi insolite. Combats d’état-major, compétition de personnes, intrigues, … c’était à qui arracherait la couverture. Disputes inutiles, pertes de temps, polémiques néfastes à tous. Comme il eût été plus simple de s’unir entre aviateurs et refondre une force aérienne solide, puissante et dynamique, appuyée sur son passé glorieux et sa vaste expérience. Il n’y a pas de substitut aux risques pris, aux responsabilités acceptées, à la mission remplie, au devoir accompli. Ce sont des preuves indéniables de courage et d’expérience, preuves données par des chefs actifs, solides, capables de tenir la barre au milieu des tempêtes.

Raymond Lallemant au volant d’une jeep. A noter sa main gauche bandée.                  Extrait de "Rendez-vous avec la chance"

C’est cet homme au passé glorieux qui arrive à Florennes à la mi-47 pour construire un nouveau Wing en partant de pratiquement rien. Il volera sur Spitfire Mk XIV, assurera le convoyage du premier F-84E de Melsbroek à Florennes et continuera sur F-84G. En cinq ans, il transforme complètement la 2ème Wing. D'une base à l'état de ruine dotée de quelques appareils devenus vétustes, il en fait, en cinq ans, une unité moderne, équipée d'avions à réaction de fabrication américaine, apte à remplir avec succès toutes les missions qui lui sont commandées. Tout cela est du à sa détermination, à son sens du commandement, aux choix judicieux des priorités... Mais rien n'eut été possible sans la volonté, le courage, le sens du devoir d'un personnel remarquable qui a tracé la voie pour les générations suivantes. Il quitte la base de Florennes le 17 juin 1952 pour occuper différentes fonctions en Belgique et à l’étranger jusqu’à sa mise à la retraite en 1972. Le Colonel Lallemant DFC and Bar décède le 30 janvier 2008 à l’âge de 89 ans.

 

Ici, au centre, lors de la réception des premiers Thunderjet.

 

"Et si je combats encore, je combattrai, même après la fin des hostilités, quiconque portera atteinte à la liberté:

liberté de penser, liberté de travailler, liberté d’agir. Je combattrai quiconque prétendra diviser le pays."

Raymond Lallemant dans "Rendez-vous avec la chance".